J’avais l’impression de payer mes (...)

J’avais l’impression de payer mes errances


Après avoir rejeté la religion, une femme, en quête de spiritualité, a retrouvé le sens de la vie qu’elle cherchait, en redécouvrant Dieu.


Son parcours

Mon premier refus de la religion remonte à mes 14 ans, lors de ma profession de foi, quand je devais dire au prêtre « je renonce à Satan », ce que je ne pus faire et me tus, plutôt que de mentir. Emportée par la vague post-soixante-huitarde de libération d’un peu tout, j’ai cessé à ce moment-là toute pratique de la religion, au grand dam de mes parents, très croyants. Ma seule religion était la contestation.

Cependant, je n’ai jamais cessé de m’intéresser à la spiritualité. En fac de philo, où on véhiculait beaucoup d’idées marxistes, je me suis plongée dans les libre, à la recherche du sens de la vie. J’aurais aimé être athée mais je me posais trop de question pour cela.

Mon mari, issu d’une famille très pratiquante, me rejoignait sur ma quête de spiritualité, ruant également dans les brancards sur le sujet de la religion. Du Dalaï-lama aux cercles de spiritualité musulmane, nous nous sommes cependant mariés devant Dieu à l’église. La mort subite de notre premier enfant mit fin à notre insouciance, nous rongeant de culpabilité. J’avais l’impression de payer mes errances. Après une fausse couche, nous avons eu un deuxième enfant qui souffrait d’apnées respiratoires, ce qui m’a confortée dans l’idée que je devais expier mes fautes. La révolte nous tenait, révolte non contre Dieu, mais contre la fragilité de ses créations. Nous avons eu deux autres enfants.

De mon côté, je continuais ma quête de spiritualité, mais mes lectures et mon approche intellectuelle de la spiritualité ne me menaient nulle part : je ne pouvais évacuer Dieu de ma vie, sans pouvoir adhérer à la religion pour autant.

Un jour, mon beau-frère vint me parler d’Alpha. Il était tellement radieux que j’ai senti qu’il s’était passé quelque chose pour lui. Il avait visiblement trouvé le sens de la vie dans la foi. C’était précisément ce que je recherchais. J’ai dit oui pour ne plus continuer ma quête de spiritualité seule.

Le parcours Alpha

Dès le premier soir, j’ai senti mon cœur disposé à s’ouvrir pour accueillir Dieu, même si ma raison refusait encore la religion. J’ai été touchée par l’ouvert d’esprit, la patience et la foi des membres de l’équipe, loin des clichés que j’en avais.

Tout le parcours a été bouillonnant et je n’arrivais pas à me laisser aller en confiance. Le week-end du Saint Esprit tombait le jour anniversaire de la mort de notre premier enfant, et je préférais me replier sur moi. J’écoutais une allocution du pape Jean-Paul II qui venait de mourir quand j’ai été saisie par cette phrase : « France, fille aînée de l’église, qu’as-tu fait de ton baptême ? ». Cette question m’était destinée. Qu’avais-je fait de mon baptême ?

Quand mon mari est rentré, je lui ai dit que Dieu avait été présent dans tous les moments importants de notre vie, que nous n’avions rien à lui reprocher et qu’il était temps de faire quelque chose de notre baptême. Il a été surpris mais d’accord. Il s’est inscrit, de lui-même, à la nouvelle session Alpha. Il était important qu’il y aille seul pour exprimer sa révolte librement.

Et depuis

J’ai découvert la messe et m’y suis sentie chez moi dès le départ. Mon mari a fini par m’accompagner avec quelques réticences. Nous avons franchi les étapes tout doucement. Il nous est apparu nécessaire de nous former pour redécouvrir Dieu à partir du début.

Depuis un an, je me suis lancée comme animatrice de catéchisme. C’est une expérience formidable : les enfants, eux aussi, sont en quête de spiritualité et ont des questions existentielles.

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